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Guilhem Amesland | 1er Assistant réalisateur

Il y a bien quelques anecdotes de tournage que je pourrais vous raconter.

Ar-Men fut une aventure épique. Peu d’entre nous avaient déjà tourné sur un bateau, filmant de bord à bord, et bien que les conditions climatiques furent de notre côté, ce ne fut pas facile, surtout lorsque pour des raisons diverses, nous ne pûmes utiliser le zoom prévu à cet effet.

Guilhem Amesland

Ar-Men fut un tournage d’adaptation au monde de la mer, au monde de la pêche, à la volonté des rougets de se faire prendre dans les filets, et pour cela il faut avant tout dire à grand merci à toute l’équipe de la SNSM de Loctudy pour leur encadrement avec Margodig.

Mais je préfère m’attarder sur les repérages du film. Avec Gilles, nous partîmes par deux fois en Pays bigouden à la recherche de notre bateau de pêche et des interprètes. En effet, dans Ar-Men, tous les acteurs sont non-professionnels.

La recherche du bateau ne fut pas facile, d’autant que peu de chose détourne un pêcheur de son travail. Il fallut convaincre et arpenter les ports de Loctudy et Saint-Guénolé, attendre le retour des filayeurs, attendre la fin de la criée… Pendant de longues heures, nous parlâmes avec Julien, un jeune pêcheur de Saint-Guénolé, et pendant que sur son ponton, il préparait ses filets, pour le lendemain, avec son matelot de 15 ans, Gilles lui parlait de son film, de son envie de faire découvrir la pêche. Ce ne fut pas suffisant, la période du rouget arrivait et pas question pour lui de la manquer pour un film.

Finalement, c’est au Rafiot, un bar derrière le port de Loctudy, rendez-vous des marins pêcheurs, que nous rencontrâmes Christian et Jean-Marc autour de quelques verres de kir. Le Rafiot, tenu par Isabelle, fut notre bonne étoile. C’est en effet ici que nous tournâmes les scènes de bar et que nous réussîmes à convaincre Jean-Marc de jouer son propre rôle, tandis que Christian nous embarquerait sur la vedette de sauvetage. La parole était donnée, pas de papiers, pas de contrat, nous devions revenir deux semaines plus tard pour le tournage.

Il nous restait à trouver Damien et son père. Beaucoup de gens nous avaient parlé de Micka de son vrai nom Mickaël, un ancien pêcheur qui avait beaucoup voyagé et qui élevait seul ses deux fils. On nous le décrivait comme un bout en train, un sacré luron à la langue pas dans sa poche, mais l’homme était un peu plus farouche que sa réputation et c’était avant tout un marin breton. Il fallut quelques jours et la conviction de Gilles pour qu’il nous décroche un mot. C’est dans ce silence qu’il nous fit visiter tout le port de Saint-Guénolé, sa criée en particulier, que nous prîmes quelques verres aux alentours. Finalement il était curieux de ce projet, et surtout, ce que racontait le film lui convenait. Mais ce n’est que lors des deuxièmes repérages, que Micka adhéra totalement et qu’il accepta de faire le film. La rencontre avec son fils Nonna fut décisive. Gilles changea une grande partie du scénario pour l’adapter à ses nouveaux personnages.

La rencontre de Micka, de Nonna et de son frère Guéno fut vraiment un grand coup de cœur pour tout le monde. Et il en fut de même, avec toutes les personnes qui participèrent au film, de la jeune troupe de théâtre de Penmarc’h (Les Cornets à dés), qui joue au début, jusqu’au car Caoudal en passant bien sûr par les canotiers de la SNSM.

Moi qui n’avais jamais mis un pied en Pays bigouden auparavant, je peux vous affirmer que rien ne vaut la parole donnée d’un breton.

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